La Naissance de la Vierge
Jean Restout, La naissance de la Vierge, 1744, HST, 1744, 307 x 240 cm, Paris, Saint-Honoré-d’Eylau
Des œuvres d’art, des peintures, on en trouve dans les musées mais il est possible d’en admirer ailleurs. Pour en regarder dans d’autres endroits (et souvent gratuitement), il suffit de rentrer dans des lieux auxquels nous ne faisons plus attention, je pense notamment aux monuments religieux. C’est le cas du tableau qui sera présenté dans mon premier article.
Lors d’une escale parisienne, j’en ai profité pour me rendre à l’exposition Le Baroque des Lumières, chefs-d’oeuvre des églises parisiennes au XVIIIe siècle qui se déroule au Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la ville de Paris jusqu’au 16 juillet 2017. Des peintures d’une grande qualité y sont présentées et j’ai eu envie d’en soumettre une sous vos yeux (c’est cadeau l’ami !!!).
La Naissance de la Vierge a été peinte par Jean Restout en 1744 et mesure 307 centimètres de haut et 240 centimètres de largeur. Une fois l’exposition terminée, il sera possible d’admirer cette oeuvre au sein de l’église Saint-Honoré d’Eylau.
Comme de nombreux tableaux religieux, la peinture ne se trouve pas dans « son lieu d’origine ». Je m’explique. La Naissance de la Vierge fait partie d’une commande faite à l’artiste en 1730 par la Compagnie de Saint-Sulpice.
Comme de nombreux tableaux religieux, la peinture ne se trouve pas dans « son lieu d’origine ». Je m’explique. La Naissance de la Vierge fait partie d’une commande faite à l’artiste en 1730 par la Compagnie de Saint-Sulpice.
Attardons nous sur le sujet : la Naissance de la Vierge. La vie de la Vierge Marie n’est pas mentionnée dans les Ecritures ; c’est lors de l’Annonciation que l’on s’intéresse à elle. Avant cet évènement, on ne sait rien. Si nous voulons en savoir plus, il faut se tourner vers les écrits apocryphes.
Une question se pose : Qui est Marie ? Il s’agit de la fille d’Anne et de Joachim et c’est leur unique enfant. Le couple âgé n’avait jamais réussi à avoir d’enfant ; la conception de Marie s’est produite par un baiser de Joachim à Anne. Tiens, tiens, ça nous rappelle quelque chose…
Une question se pose : Qui est Marie ? Il s’agit de la fille d’Anne et de Joachim et c’est leur unique enfant. Le couple âgé n’avait jamais réussi à avoir d’enfant ; la conception de Marie s’est produite par un baiser de Joachim à Anne. Tiens, tiens, ça nous rappelle quelque chose…
Mais revenons en à nos moutons, enfin, à notre peinture ! De prime abord, si nous ne connaissons pas le titre de l’oeuvre, nous sommes tentés de penser qu’il s’agit d’une représentation de la Sainte Famille. La disposition des personnages y est pour beaucoup : il est aisé d’imaginer la Vierge Marie tenant son Enfant sous le regard attendri de Joseph. Tout prête à confusion, y compris l’endroit où se déroule la scène : dans un intérieur modeste, le parquet en bois brut peut être perçu comme un clin d’oeil à la profession de Joseph.
Sauf que ce n’est pas ça et cela ne peut pas être ça. La lecture du tableau est tout autre, l’enfant n’est pas Jésus, la mère n’est pas Marie et le père n’est pas Joseph. A votre avis, pourquoi ?
Parce que la composition de Jean Restout ne présente aucun élément surnaturel, nous ne voyons pas d’angelots, pas de nuées, pas d’auréoles.
Pour ce qui est de la composition, si nous regardons bien les personnages, leurs dispositions forment un triangle, l’extrémité du bâton de Joachim en constitue la pointe. Sa main droite est tendue en direction d’une femme : il s’agit d’Anne qui est alitée. Elle est représentée sous les traits d’une vielle femme. Anne est reconnaissante envers Dieu qui lui a permis d’avoir un enfant, ses yeux sont levés vers le ciel et ses paumes ouvertes dans la même direction. A droite, devant la cheminée, une femme est en train de faire sécher les langes. Dans les oeuvres du XVIIe siècle représentant la Sainte Famille, cette « fonction » est exécutée par un ange. Encore un clin d’oeil de l’artiste à la Saint Famille mais aussi à la Maison de Nazareth.
Pour en revenir, à la main droite Joachim, il y en a deux. Non, non vous ne rêvez pas, il a bien deux mains droites. Le tableau a été restauré en 1998 et il a été décidé par les restaurateurs de laisser apparaitre un repentir de Jean Restout.
En représentant la Naissance de la Vierge comme une Nativité ou une Sainte Famille, Jean Restout rappelle que la conception de Marie a elle aussi été divine. Il s’agit d’une référence à l’immaculée conception de Jésus.
C’est tout pour l’oeuvre du jour.
Si vous voulez en savoir plus sur la Vierge Marie, vous pouvez consulter La Légende dorée de Jacques de Voragine.
Sur la peinture de Jean Restout :
Sur la peinture de Jean Restout :
- Christine GOUZI, Jean Restout (1692-1768), peintre d’histoire à Paris, éd. Arthéna, 512 p.
- Le catalogue de l’exposition Le Baroque des Lumières, chefs-d’œuvres des églises parisiennes du XVIIIe siècle, éd. Paris Musées, 400 p.

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